IA Générative : ce que pensent (et font) vraiment les Français
- Julie Robert

- 4 avr. 2025
- 3 min de lecture
L’intelligence artificielle générative a fait une entrée fracassante dans le débat public, les entreprises et même la vie quotidienne. Pourtant, entre perception, réalité et usages, il y a souvent un écart. Une récente étude menée par Ipsos et CESI (février 2025) permet d’y voir plus clair sur la manière dont les Français s’approprient – ou non – cette technologie. Voici ce qu’il faut retenir, et ce que cela implique pour les entreprises et les managers.
Une notoriété forte, mais un usage encore limité
Premier enseignement fort : 88 % des Français déclarent connaître les outils d’IA générative, mais seuls 39 % en font réellement usage. L’écart entre notoriété et pratique est frappant.
Les usages sont majoritairement à visée personnelle (33 %), tandis que seuls 15 % s’en servent dans un cadre professionnel ou académique. L’adoption est aussi très marquée par l’âge : 74 % des 18-24 ans utilisent l’IA générative, contre seulement 17 % des 60-75 ans. Elle est également plus répandue chez les cadres supérieurs (64 %).
Autrement dit, la technologie est visible et suscite l’intérêt, mais son intégration dans les pratiques de travail reste encore timide, surtout chez les publics plus seniors ou éloignés du numérique.
Une utilisation fréquente chez les adopteurs
Pour ceux qui ont franchi le cap, l’IA générative s’installe dans le quotidien : 78 % des utilisateurs s’en servent au moins une fois par semaine, et 30 % déclarent l’utiliser tous les jours.
Les usages sont variés mais suivent des logiques bien identifiées :
Recherche d’informations (48 %)
Rédaction et correction de textes (38 % et 35 %)
Traduction (36 %)
Génération d’images (29 %)
Synthèse de documents ou de données (31 %)
Ces résultats montrent que l’IA générative n’est pas réservée aux experts techniques : elle s’infiltre dans des tâches courantes, accessibles et répétitives, tant dans le privé que dans le monde professionnel.
Une conscience aiguë des risques
Les Français restent lucides quant aux dérives potentielles de l’IA générative. Parmi les principaux risques perçus :
La diffusion de fausses informations (49 %)
La dépendance technologique et la baisse des capacités humaines (44 %)
L’utilisation de données non fiables ou erronées (43 %)
Le remplacement de certains emplois (41 %)
Les risques sur la vie privée et la propriété intellectuelle
Ces craintes sont plus marquées chez les non-utilisateurs et les tranches d’âge plus élevées, traduisant une perception plus défensive de la technologie.
Ce que cela signifie pour les entreprises et les managers
L’étude révèle une opportunité autant qu’un défi pour les organisations.
La pédagogie reste essentielle
Une large partie des collaborateurs connaît l’IA mais n’ose pas l’utiliser. Il est temps de démystifier les outils, montrer leur accessibilité et leur utilité concrète au quotidien.
L’usage précède la culture
Attendre que tout le monde comprenne parfaitement l’IA avant de s’en servir est contre-productif. C’est par la pratique, sur des cas d’usage simples, que la culture numérique se construit.
L’accompagnement est un levier stratégique
Former, mais surtout coacher, expérimenter, et suivre les usages sont des actions indispensables pour ancrer l’IA dans les habitudes. Le rôle du management est clé pour créer cette dynamique.
L’adhésion ne se décrète pas
Il faut répondre aux craintes par de la transparence, de la formation, et une vision claire de ce que l’IA vient renforcer (et non remplacer) dans les métiers existants.
Cette étude confirme ce que nous observons au quotidien chez SoSharp : l’IA générative est partout, mais son adoption n’est pas encore naturelle pour tous. Pour qu’elle devienne un vrai levier de performance collective, elle doit être incarnée, contextualisée et soutenue par des managers formés et engagés.
Mettre en mouvement les équipes, choisir les bons cas d’usage, faciliter la prise en main : ce sont ces conditions qui feront la différence entre un effet de mode… et une vraie transformation durable.


Commentaires